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Après le scandale autour d'une discussion qu'a eu Jean-Michel Aulas avec M.Fautrel, l'arbitre de PSG-Lyon, le torchon brûle entre le président lyonnais et son homologue parisien, Robin Leproux. Une guerre à coups d'interviews interposées qui relance le débat sur une éventuelle proximité de l'OL avec le corps arbitral.
Encore une histoire d'arbitrage à l'OL
Rappel des faits, pour commencer : le 20 septembre dernier, le PSG reçoit Lyon pour le compte de la sixième journée de Ligue 1. A la demi-heure de jeu, Ludovic Giuly ouvre la marque à la limite du hors-jeu. Trois jours plus tard, Le Parisien révèlera qu'à la mi-temps du match, Jean-Michel Aulas s'en était pris verbalement (et avec virulence) à Freddy Fautrel, l'arbitre de la rencontre. L'homme en noir aurait alors demandé au président rhodanien de le rejoindre dans son vestiaire pour discuter à l'abri des regards indiscrets.
Problème, en deuxième mi-temps, l'OL égalise sur un but hors-jeu de Bafé Gomis, à cinq minutes de la fin. Une erreur d'arbitrage (d'appréciation, dit Aulas) qui suscite la polémique, les détracteurs du septuple champion de France ne manquant pas de rappeler les multiples petites erreurs des hommes en noir en faveur du club ces dernières saisons.
Fautrel s'explique
Le principal intéressé, à savoir l'homme en noir de la rencontre, M. Fautrel, se défend de toute forme d'influence. « A la mi-temps, Monsieur Aulas m'a pris à partie, me signifiant que même si le but accordé à Ludovic Giuly était parfaitement valable, il trouvait inadmissible que François Clerc ait pris un carton. Pour moi, ce genre de comportement en public est inadmissible. C'est moi qui l'ai convoqué dans le vestiaire. Et je suis le seul à avoir parlé. Je lui ai dit ‘‘M. Aulas, ce genre de comportement est inadmissible. Si vous avez quelque chose à me dire, vous le dites dans le vestiaire, en face à face. Mais je ne veux pas de ce genre de comportement en public''. Il m'a dit ‘‘Je comprends, au revoir''. Ce sont les seuls mots que nous avons échangé. En aucun cas, il n'a mis une quelconque forme de pression. »
Joutes présidentielles
Voici le meilleur des échanges entre Robin Leproux, président du PSG, et J.M. Aulas, son homologue olympien.
R. Leproux : «On m'avait dit que Jean-Michel Aulas était coutumier de ce genre de pratiques, je n'ai pas été déçu. C'est inacceptable ! Je suis un peu consterné. Pour répondre à mes propos, M.Aulas évoquera sans doute mon inexpérience dans le football, mais ce n'est pas grave. Je n'ai pas peur de lui. »
J.M. Aulas : «Il a dit que mon attitude était inacceptable... De la part de quelqu'un d'un peu puceau dans le milieu, je pense qu'il a réagi un peu vite à partir d'une situation qui n'est pas celle qui s'est passée. Comment s'appelle t-il ? Ah, oui ! Monsieur Leproux voulait aussi se justifier auprès de ses actionnaires qui sont des gens ambitieux et qui veulent que leur équipe gagne plus. Cette polémique est stupide et constitue une remise en question de l'éthique. Tous les présidents peuvent faire des remarques aux arbitres à la mi-temps. Ce n'est pas interdit. J'ai été exemplaire dans cette affaire. J'estime être un dirigeant responsable, qui a de l'expérience et de l'éthique. En revanche, ce n'est pas forcément le cas du PSG.»
Robin Leproux : «Jean-Michel Aulas a perdu son sang froid avec ce terme grossier ("puceau"). Pour quelqu'un qui revendique son expérience dans le football, il ne montre pas l'exemple. Les faits sont là. Même s'il souhaite en donner une autre interprétation, il s'est vraiment énervé et a invectivé l'arbitre à la mi-temps du match, au point que ce dernier a préféré le faire entrer dans son vestiaire pour que cette scène ne se déroule pas devant tout le monde. Si M.Aulas veut se revoir, on tient à sa disposition les images vidéo.»
"Puceau", "inacceptable", "scandaleux"... Les mots sont forts et cette polémique n'est pas sans rappeler certains épisodes identiques il y a quelques années entre Aulas, déjà, et Pape Diouf. Personnage habitué aux médias et expérimenté, comme il aime le rappeler, Jean-Michel Aulas semble maîtriser toute cette affaire : en attirant l'attention du public sur lui, il laisse son groupe travailler dans la plus grande sérénité, et installe une rivalité entre son club et le PSG qui peut lui rapporter gros si la sauce prend, d'un point de vue purement "marketing". Une recette déjà testée il y a plus de dix ans par Bernard Tapie et Michel Denisot il y a quelques années, et qui a donné un Clasico PSG-OM dont on sait ce qu'il est devenu. Une chose est sûre, cette opposition itnerposée ne semble pas prête de s'arrêter, surtout que Claude Puel et Antoine Kombouaré ont eux aussi réagi à la polémique.