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C'est un cauchemar dont on voudrait bien qu'il se finisse, qu'on se réveille et qu'on se rende compte que tout cela n'était qu'un gag. Hélas, cela est bien réel : Santos Mirasierra, ce supporter marseillais accusé de "troubles à l'ordre public" lors du match Atletico-OM d'il y a deux mois, a été condamné à trois ans et demi de prison ferme dans une parodie de procès.
Pour commencer, petit rappel des faits. Le 1er octobre dernier, l'Atletico reçoit l'Olympique de Marseille pour cette deuxième journée de Ligue des Champions. Une banderole marseillais, jugée raciste par les policiers (elle représentait une tête de mort approuvée par la LICRA), est le prétexte des policiers pour charger les supporters marseillais. Les deux policiers français présents ainsi que le chef de la sécurité de l'OM, présents en tribune, sont, comme tous les fans de l'OM, tabassés par les forces de l'ordres ibériques. Une femme est à terre, en sang, et un homme, un supporter franco-espagnol du nom de Santos Mirasierra, pousse un policier pour la défendre.
Coupable peut-être de sa double nationalité, ce dernier est alors frappé pendant 3 jours puis mis en prison, soupçonné d'avoir lancé une chaise sur un policier, information qui s'avérera certainement fausse. Après plus de deux mois passés en prison, c'est aujourd'hui que Santos comparaissait devant le juge. Dans un procès se rapprochant plus de celui d'un royaume dictaturial que d'un d'un pays démocratique, le juge a - certes - allégé la peine surréaliste de 8 ans de prison ferme requise par le procureur, mais a tout de même envoyé un homme coupable d'avoir défendu une femme en sang devant un policier en prison pendant 3 ans et demi !
Le maître-mot dans le camp marseillais, l'incompréhension. L'injustice est soulignée par Maitre Gilbert Collard, l'avocat de Santos. Soulignant le «caractère déraisonnable et la sévérité inouïe» de cette décision, l'avocat phocéen se dit contre l'idée de faire appel, de peur que la peine ne soit aggravée. Allant à contre-courant de son confrère, l'autre avocat (espagnol) de Santos, Me Erlantz Ibarrondo-Merino, a interjeté appel quelques minutes après l'annonce de la peine.
Lucile, la soeur de Santos, s'est exprimé sur RTL deux heures après l'annonce de la décision «Il n'y a pas de justice en Espagne ! Qu'est-ce qu'ils ont fait, à part l'enterrer (le gouvernement français, NDLR) ? On va se débrouiller seuls. J'ai honte d'être Espagnole.» Avant d'ajouter : «J'espère que ça provoquera de la colère (chez les supporters marseillais, NDLR) ! J'espère que tout va exploser à Marseille ! Ce qu'il va se passer à Marseille le 9 (le jour du match, NDLR), je n'en ai rien à f... ! Je n'appellerai pas au calme.» Pape Diouf, le président de l'OM, s'est dit quant à lui abasourdi par cette «injustice». «Je ne pensais pas qu’une telle injustice soit possible dans une capitale européenne comme Madrid. C’est insupportable et effrayant. Un recul me parait nécessaire pour ne pas en dire trop, et surtout réfléchir aux actions à venir ». Comme l'ont souligné la soeur de Santos ainsi que son avocat, cette décision apparait comme une provocation à quelques jours de la réception de l'Atletico à Marseille.