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Neuer chipe la vedette à Lloris
Erick Mombaerts avait pourtant tout fait pour inscrire des buts : les trois prodiges Jérémy Menez, Loïc Rémy et Anthony Mounier était alignés tous les trois sur le front de l'attaque, les tâches défensives étant assurées par le trio Matuidi-Cabaye-Sissoko, ce dernier ayant été préféré à Digard. Côté allemand, en les absences de Marin et Khedira, les principaux dangers provenaient du gardien de Schalke 04 Neuer ainsi que des attaquants Hunt et Özil, coéquipiers au Werder Brême.
Pourtant, c'est bien l'Equipe de France qui se crée la première occasion du match dès la 5ème minute, par l'intermédiaire de Loïc Rémy. Le buteur niçois se fraye un passage dans la défense allemande avant de se présenter face à Manuel Neuer. Rémy ne parvient toutefois pas à trouver le cadre, le cuir passant à quelques centimètres du montant allemand. Stimulés par cette entrée de match réussi, les hommes d'Erick Mombaerts continuent à pousser, Jérémy Menez butant à la 8ème minute sur le pied du portier de la Mannschaft. Clé de tout match de football, les duels au milieu de terrain sont remportés dans leur écrasante majorité par les Français, qui pêchent toutefois dans le dernier geste, à la manière de Mounier (15è), Cabaye (17è), Menez (25è) ou encore Benalouane (35è), pour ne citer qu'eux. A la 21ème minute, la France perd un de ses piliers, en la personne de Younes Kaboul. Le défenseur central des Bleuets, buteur au match aller, est contraint de céder sa place en raison de douleurs au dos.
L'orage puis... plus rien
Au retour des vestiaires, les Allemands semblent métamorphosés. Sous la pluie qui tombe sur la pelouse du Stade St-Symphorien de Metz, les locaux concèdent une multitude de coups-francs dans l'axe, qui se charge de tirer Hunt. Si aucun d'entre eux ne s'avère dangereux, ils traduisent un changement passager de physionomie du match. Dejagah et Özil mettent ainsi en péril la défense française, qui manifeste quelques signes de fébriité (mauvaise remise de Danzé sauvée in extremis par Bellaïd).Après un quart d'heure à domination allemande, la France reprend le dessus en obtenant notamment une série de corners qui n'inquiète toutefois guère le 1m92 de Neuer, qui aura complètement éclipsé sur ce match son homologue Lloris, descendu spécialement des A pour l'occasion. A la 78ème minute, Nimani, tout juste entré en jeu en lieu et place de Menez, offre à Danzé un superbe une-deux qui laisse la défense allemande sur place. Le Rennais se présente face à Neuer, mais une nouvelle parade du génie germanique permet à son équipe de maintenir le score de 0-0. Dans l'action qui suit, ce même Neuer arrête une belle frappe de Rémy. Le ballon est remis en jeu et Nimani, encore lui, manque d'ouvrir la marque sur une très belle tête décroisée.
Une chute surréaliste
Les Bleuets, à qui un 0-0 suffisait, ont mis ce mercredi soir toutes leurs forces dans la bataille ; un engagement qui se traduit par une fatigue générale à quelques minutes de la fin. Déchets, erreurs techniques, cartons stupides (Benalouane, 86è) et les Bleus lèvent le pied. Les Allemands en profitent alors et se jettent sur le but français, se procurant un coup-franc côté gauche.La défense française oublie Höwedes au marquage : le défenseur de Schalke 04 tire sur Lloris et profite du contre-favorable pour offrir la qualification à des Allemands dominés de bout en bout.
Cruelle désillusion
Comme en 2007 (défaite sur le même score face à Israël), les Bleus voient leur ticket pour l'Euro s'envoler. Comme la précédente, la génération 1986-1987 ne participera pas à la compétition suprême de leur catégorie. Bourrés de talent, les Menez, Gouffran, Diaby, Cabaye ou autres évoluent tous en Ligue 1 mais ont fait preuve de manque d'expérience ce soir. Une carence qu'il faudra combler s'ils veulent pouvoir goûter à l'échelon supérieur, les A. Les Allemands, menés par leur prodige Neuer, capable du meilleur comme du pire mais qui a montré ce soir le meilleur (voire plus), iront quant à eux bien en Suède, au début de l'été 2009.
Par Ilyes R.